Le Ghana est décidé à bannir l'importation de tous produits contenant des substances qui servent à l'éclaircissement de la peau.
L'annonce a été faite par la FDA ( Food and Drugs Authority) en charge de la régulation des importations de produits pharmaceutiques et alimentaires. Elle a aussi en charge la santé des consommateurs ghanéens.
James Lartey, le directeur de la communication l'annoncé dans un communiqué suite à l'introduction de nouvelles régulations par la Ghana Standard Authority.
Pour en savoir plus, suivez ce lien : http://m.starrfmonline.com/1.6337902#.Vd7XLPinUlk.twitter
LNA
lundi 31 août 2015
vendredi 27 mars 2015
Qui est la nouvelle africaine?
ETES-VOUS DES NOUVELLES AFRICAINES?
La nouvelle africaine est fatiguée de mendier les
associations humanitaires pour soutenir ses projets au Pays
Elle est écœurée d’organiser des repas de bienfaisance, où des occidentaux
viennent faire des dons pour soutenir un village.
Elle ne supporte pas devoir dépendre d’étrangers, et de changer
son discours pour leur plaire, même quand cela implique d’aller à l’encontre de
sa culture.
La nouvelle africaine n’en a que faire que sa voisine aille
à l’Eglise tous les dimanches, tant que cette même voisine lui achète la farine
de manioc nécessaire au pain quotidien.
La nouvelle
africaine s'en fout que sa copine soit musulmane tant qu’elle peut lui
vendre le hijab , et la viande halal. Tant que l'argent reste dans NOTRE continent et ne va pas grossir la panse de raciste saoudiens.
Elle ne
calcule pas les tissages brésiliens de ses compatriotes qui veulent ressembler à Beyoncé ou Brigitte bardot, tant qu’elle peut être
la patronne de l’usine qui fabrique les cheveux et les vend.
Tant que cette industrie de poils d’indiennes fait tourner le monde Noir et nourrit des ouvrières AFRICAINES et non asiatiques…, la nouvelle Africaine est en paix.
Tant que cette industrie de poils d’indiennes fait tourner le monde Noir et nourrit des ouvrières AFRICAINES et non asiatiques…, la nouvelle Africaine est en paix.
C’est quand même le
comble de nourrir le monde en se faisant belles… N’est ce pas femmes Africaines…
La nouvelle
africaine ne fait pas que consommer des produits que les libanais, les juifs,
les français, les allemands, et les chinois lui vendent. La Nouvelle africaine
produit pour répondre au besoin de son peuple.
La nouvelle africaine a compris que les acquis sociaux d’un
peuple débarquent après le développement économique. Et que le développement
économique nécessite un vrai travail spirituel de fond.
Les gens qui l'observent chercher l’argent en Afrique et avec nos capacités lui rétorquent
souvent « Le plus important pour la libération des africains c’est la
spiritualité ! »
Ils disent cela tout en rêvant de vivre en Europe ou en refusant
de quitter l’Europe. Continent stabilisé depuis que Adam Smith et toute sa clic
ont créé le capitalisme outrancier, à base d’esclavage et de colonisation.
Prions , prions , tout en allant pointer aux Assedics ou en ayant le confort
médical et social d’un système occidental capitaliste.
Mais pour l’Afrique, et nos chers frères et sœurs restés sur
ce continent, proposons leur la prière du lundi au lundi ?
La spiritualité qu’est ce que c’est au final ?
Dictionnaire : La spiritualité religieuse est
généralement associée à l'aspiration à se « relier » (du latin religare, racine possible du mot religion). Il s'agit alors
essentiellement de se relier à Dieu, au Divin, à une réalité transcendante1 ; un lien qui conduirait, par extension, l'homme
à se relier aussi à lui-même, aux autres, à la nature ou à l'univers.
Alors puisque
la nouvelle africaine ne veut pas être trop différente de ses consœurs, elle
prie avec elles, mais persiste et signe… Elle veut se relier à Dieu comme sa
mère le lui impose, afin de ne pas être brûler dans l’enfer , mais ce lien
divin doit la conduire par extension à se relier aussi à elle-même, aux autres
africains , à la nature et à l’univers.
Alors la
nouvelle Africaine qui doit se rendre au lieu de culte soit chrétien ou
musulman afin que ses frères et sœurs du quartier ne l’insultent pas de sorcière,
s’agenouille et prie ainsi :
« Notre Père qui êtes aux Cieux
Que ta volonté soit faite sur la terre du Nord comme au Sud
Donne nous dès ce jour notre part du Gâteau
Permets nous d'arracher l'argent à l'Occident
Permets nous d'implanter des industriels chevronnés sur notre Continent
Pardonne nous nos géo stratégies financières, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont enfumé durant des siècles;
Ne nous soumets pas à la misère , et délivre nous de la plantation
Tant que nous sommes sur Terre, donne nous la force et l'énergie de récupérer
nos pommes de terres, nos poulets, nos farines de manioc,
tant que nous sommes sur Terre, permets nous de cesser l'importation du sucre
, de la bière et des tissus wax ,
permets nous de cesser de nourrir la panse du prédateur
Que ta volonté soit faite sur la terre du Nord comme au Sud
Donne nous dès ce jour notre part du Gâteau
Permets nous d'arracher l'argent à l'Occident
Permets nous d'implanter des industriels chevronnés sur notre Continent
Pardonne nous nos géo stratégies financières, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont enfumé durant des siècles;
Ne nous soumets pas à la misère , et délivre nous de la plantation
Tant que nous sommes sur Terre, donne nous la force et l'énergie de récupérer
nos pommes de terres, nos poulets, nos farines de manioc,
tant que nous sommes sur Terre, permets nous de cesser l'importation du sucre
, de la bière et des tissus wax ,
permets nous de cesser de nourrir la panse du prédateur
Nous avons nos cerveaux et nos imaginations,
nous pouvons repenser notre système de consommation
Nous avons des génies dans nos rues, et des
artistes, des chimistes et des physiciens
Nous travaillons pour les entreprises des
étrangers et grâce à nous ils brillent
Donne nous la présence d’esprit de nous
recentrer sur NOTRE communauté
Et d’assoir notre pouvoir, en Afrique et
entre africains !
Tant que nous sommes sur Terre, Seigneur, délivre-nous de leur système.
Tant que nous sommes sur Terre, Seigneur, délivre-nous de leur système.
Notre Père qui est aux Cieux
C'est à toi qu'appartiennent la puissance, la victoire et la gloire de l'au-delà. »
C'est à toi qu'appartiennent la puissance, la victoire et la gloire de l'au-delà. »
C’est ainsi
que moi je prie. Rapportez de l’argent. Là bas , ici pour là bas ! Soyez des concurrents et non plus des mendiants. Quittez moi ce désert.
Ne soyez plus celles qui épousent l'Homme Blanc pour atteindre une meilleure classe sociale, soyez celles que ce dernier supplie d'être le mari afin d'accéder au Paradis qu'est votre village!
Soyons
féroces. Soyons concentrés. Méfiants et disciplinés.
Et pour vous
soutenir, le programme durant ce mois féminin sera de vous présenter des
nouvelles africaines REELLES working girl et ayant misé sur l’Afrique.
Des filles
simples, avec des problèmes de famille comme vous, une situation financière
moyenne comme vous, des responsabilités très tôt comme vous.
Billet d’avion , appareil photo ,
clavier , on y go.
Vous n’aurez plus d’excuses.
jeudi 26 mars 2015
SOUS PRESSION
Roman : l'Adversaire
Chapitre : SOUS PRESSION
Auteur : Etali Yo
Les privilégiés ne savent pas, je le dis , les privilégiés ne savent pas ce qu’est le désarroi et l’étau de nos vies. Les
privilégiés n’imaginent pas que les coups de massues se déclinent dans chaque
aspect de nos vies , que les griffures associées aux morsures nous tyrannisent.
Il n’y a pas de pause. Nous vivons ces vies d’Africains, de Noirs hybrides , de Noirs de France, de Belgique ou d’Allemagne, sous pression quotidienne.
Je m’en suis rendue compte lorsque j’eus 23 ans. Je vivais mes réflexions vis-à-vis de l’Afrique et de la situation de mon continent au campus universitaire, entre 2 révisions de biochimie quand mon téléphone a sonné.
On me demandait de retirer 500e sur ma carte Visa, d’aller en découvert et d’envoyer le jour même la somme afin de les empêcher de partir avec des meubles.
Une première fois à la dureté de la vie, la seconde fois face aux péripéties de leur époux.
Elles le font une Bible sur le front, un Coran dans le poing , un autel aux Ancêtres dans le coeur.
Puis… pour
les grandes occasions et face au monde, elles brandissent leurs plus beaux
pagnes , aux motifs de fiertés et de dignité, et elles avancent, hautaines ou
réservées, mauvaises ou résiliées.
Et elles
avancent , nous les suivons, elles récoltent les coups et les bavures, mais
continuent , nonchalentes , dans les cris de prières, le recueillement d’une
mosquée , dans les fastes et le makrellage.
Mais surtout,
la sagesse d’en connaitre la différence… »
Chapitre : SOUS PRESSION
Auteur : Etali Yo
Noir.
Africain. Sans papier.
Noir. Immigré.
Réfugié.
Noir. Allocation.
Huissiers.
Noir.
Regroupement familial. Sorcellerie.
Noir.
Expulsion. Mise en demeure.
Noir.
Schizophrénie. Hypertension.
Noir de France
, Noir du monde.
Avant les
gouvernements et les terroristes, avant les colons et même Satan , il y avait un plus grand obstacle.
J’essayais.
Je m’accrochais : étude, examens, lectures, conférences.
Comme un
marathon sans chaussure, pied nu tel un
soldat d’Hailé, je devais arpenter ce périple.Les privilégiés ne savent pas, je le dis , les privilégiés ne savent pas ce qu’est le désarroi et l’étau de nos vies.
Il n’y a pas de pause. Nous vivons ces vies d’Africains, de Noirs hybrides , de Noirs de France, de Belgique ou d’Allemagne, sous pression quotidienne.
Je m’en suis rendue compte lorsque j’eus 23 ans. Je vivais mes réflexions vis-à-vis de l’Afrique et de la situation de mon continent au campus universitaire, entre 2 révisions de biochimie quand mon téléphone a sonné.
Et le monde s’est mis à trembler .
Depuis il n’a
plus jamais cessé... m'apprenant à l'affronter avec mon plus grand sourire.
Enfant, les
problèmes étaient réceptionnés par les autres membres du troupeau , je recevais
des éraflures , et des bris de lames.
Comme un nouveau-né
antilope , j’avais appris très tôt à courir et
à détecter le prédateur.
J’étais l’ainée d'une fraterie de 4 enfants. J'étais suivie de trois frères , Jacob , Henoc et Gedeon , agés respectivement de 21 , 19 et 16 ans. Le dernier me considérait comme sa petite mère...
Et sur mes épaules je portais la misère de ma mère, les sacrifices de mes
grands-mères, les torpeurs de mon père, les rêves inachevés de mes oncles, les
sueurs de mon grand-père.
J’étais le
futur portefeuille qui soutiendrait les
projets d’un père fatigué, désorienté, aveuglé par sa soif d’argent.
Ses désirs
irrationnels de fortune sur base de dette, de promesse, de projets chaotiques.
L’homme
Africain amputé de sa dignité, aveuglé par les strasses et le matériel du
Blanc, sans chercher à bâtir en premier lieu les fondements de l’empire.
Une muraille de paille qui s’effondre au premier vent , après tant de sacrifice,
d’abnégation et de travail … Pourquoi les forteresses de la génération
précédente sont-elles si fragiles qu’elles se brisent sur nos nuques et
nous plient sous leur poids ?
Un hurlement
fait de la somme de nos râles et soupirs quotidiens s’élève souvent dans le
calme de l’Occident.
Les
privilégiés ne savent pas.
J’ai agrippé
le téléphone, resserrant le poing comme pour freiner la transmission.
Et lorsque
le combiné a embrassé mon oreille , c’est un tsunami de mot, un jacassement de
son, une panoplie d’horreur qui ont commencé leur danse éternelle.
Eternelle
danse de problèmes... avec laquelle je valse toujours vêtue de mon plus beau sourire...
J’ai cru un
instant qu’épouser un homme Blanc m’éloignerait de ces tumultes. Je n’étais pas
la seule à être traversé par cette idée que les foyers des Occidentaux Blancs,
étaient plus calmes et harmonieux que les nôtres , Occidentaux Noirs… Car où
que nous allions, fuyons, exilions … l’Afrique a ce pouvoir de nous assoir à sa
merci.
Il suffit
que nous lui laissions une infime partie de nos sentiments qu’ils soient d’amour
ou de crainte, ce continent réussit à nous contrôler et nous extorquer.
Sarah me
rapportait que sa mère bien qu’ayant épousé
un homme Blanc, envoie régulièrement de l’argent au village afin que le sorcier
de la famille cesse de la griffer la nuit…
J’ai demandé
à Sarah comment était-ce possible que sa
mère, une scientifique redoutable croit à ses balivernes…Elle m’a lancé un
regard d’opprobre et m’a glissé sèchement sans autre forme d’explication, qu’il
fallait être bien naïf pour ne pas croire à la sorcellerie.
Et quand
bien même il n’était pas question de magie et de fétiches, quand bien même nous
étions éduqués sans aucun contact avec le pays, nous les observions… s’agiter
sur leurs combinés.
Western
Union. Parcelle envahie. Routes coupées . Plus de nourriture dans la moitié de
Kinshasa.
Ce jour-là ,
les problèmes ont commencé leur Ndombolo suivi d’un Twerk endiablé.
Les
huissiers étaient à la porte de la
maison à crédit que mes parents avaient réussi à contracter.On me demandait de retirer 500e sur ma carte Visa, d’aller en découvert et d’envoyer le jour même la somme afin de les empêcher de partir avec des meubles.
« Mais
Maman , Papa est médecin, pourquoi il ne sait pas donner cet argent ? »
C’est à cet
instant que le rideau s’effondre en un tas disgracieux sur le sol de nos vies.
Nos pères si
stricts et sévères, si inquisiteurs et généreux en remontrances , vivaient dans
une folie aveugle qui n’avait qu’un seul objectif : réunir l’argent.
Et leurs
enfants, et leur femme, et les priorités fondamentales à l’homéostasie
familiale étaient bafoués par des pères obnubilés à l’idée de devenir aussi riche que le maître… dans son système… et sur sa terre…
Nos pères
prenant des crédits dans les Banques des anciens Colons, pour financer des
projets concurrents..Nos pères
demandant aux Occidentaux les outils pour créer des structures efficaces et
indépendantes des leurs … ces mêmes pères critiquant des politiques européennes soit disant d’asservissement .Nos pères
obsédés par le paraître une fois de retour au pays, qui n’ont d’objectif que de
construire une énorme villa pour montrer leur réussite au Nord.
Et nos mères
épuisées qui rament à leur côté, colmatant les brèches et gardant le navire à
flot.
« Tu n’as
pas payé les impôts durant 5 ans ? et les assurances ???? Comment cela tu n’as pas payer les échéances du crédit ? Mais pourquoi Barthelemy ? Pourquoi nous fais-tu cela ?
Tes projets demandent-ils que tu sacrifies ta famille ? 20 ans que tu jettes
ton argent auprès d’associés véreux qui te trahissent ! Comment Peux-tu
faire des affaires au pays, sans être au pays ? comment peux-tu faire des
affaires sans signer de contrat ?
Et pourquoi
commences tu toujours avec des grandes sommes ? Tu sais ce que tu fais ?
Tu oses me dire que tu sais ce que tu fais ??? Vingt ans que tu sais ce
que tu fais !!!»
Il hurle. Il
rugit. « Quand j’aurai gagné ce pactole, tu cesseras de me manquer de
respect ! »
Nos mères
qui se courbent au travail , infirmières ou aides-soignantes , elles lavent et portent sur leur vertèbre les manquements de
leurs maris , de leur père, de leur frère.
ci ou là-bas…
mais cela je ne le savais pas encore, les femmes africaines courbent deux fois
l’échine.Une première fois à la dureté de la vie, la seconde fois face aux péripéties de leur époux.
Elles le font une Bible sur le front, un Coran dans le poing , un autel aux Ancêtres dans le coeur.
Imparfaites mais si réelles
, distribuant des coups envers les neveux imposés dans leur foyer, balançant de l’eau de javel dans le regard
insolent d’une belle fille issu du mariage précédent, rasant la chevelure d’une
nièce , mettant du piment dans l’anus d’un fils trop agité.
Et lorsqu’elles
tabassent à la ceinture , aucun cri ne semble perturber leur mission. Les bras
se lèvent et retombent en cadence frénétique sur le corps morcelé du coupable se tordant de
douleur.
Les fouets
et la chicotte, le bâton et la pantoufle , tout ce qui passe sous la main ,
comme un tambourinement : SOUS PRESSION !
Elles
transmettent des générations de frustration, des vies de soumission, dans une
société ayant subie tant d’amputation.
Et dans ces
turbulences, il y a l’amour…certes entremêlée à la rage et au chaos mais de l'amour...Je dois fendre mes lèvres et illuminer mon visage d'un rire à gorge déployée... et danser ...parler fort en rue, et chiller...
Car si je laisse mon âme s'envahir de mes incompréhensions, je deviens folle... Je deviens folle...
Mon
téléphone allumé, j’ai écouté ma mère me sommer de retirer ces 500 euros en
découvert pour aider ma famille à affronter les huissiers.
Tremblante ,
j’ai murmuré qu’il ne m’était pas possible d’honorer leur demande.
Un silence
tonitruant de l’autre côté du combiné m’a assommé.
« Que
dis- tu ? Va me retire cet argent et vite ! Tu dois aider ta famille
, c’est quel esprit égoïste ça !
-
Je n’ai pas l’argent…Je suis déjà à découvert.
-
Comment ??? déjà à découvert ? et qu’as-tu
fais de cet argent ? Toi, si tu vis la vie sache que le Seigneur ne…
-
Je me suis achetée un billet d’avion pour aller
en Afrique. »
Peut-être aurait-il
été plus simple pour elle que je sois amoureuse d’un homme et que j’eusse
dépensé ce trop-plein d’argent pour le voir ou le couvrir de cadeau.
Peut-être aurait-elle
mieux accepté si j’avais dépensé cette somme pour m’habiller avec des marques
tendances.
Non… J’avais
acheté un billet d’avion à 23 ans , pour le Nigeria , étant d’origine
congolaise, et n’ayant plus jamais été en Afrique depuis ma plus tendre enfance…
Je m’étais
développée en parallèle à elle, j’avais flirté avec les sites internet et
dialogué hors de sa portée. J’avais cru un instant m’être téléporté loin de la
pression. Celle-ci m’avait rattrapé en un rien de temps.
L’affrontement
le plus ardu débutait.
Et sur le
ring , il n’y avait que ma famille contre moi , bien avant les gouvernements et
les terroristes avant les colons et même Satan.
Parce que je
les aimais mais que mon
épanouissement les faisait saigner.
Ce n’était
que le prologue.
A nos vies
sous pression :
« Donnez- nous la sérénité d’accepter les choses que nous ne pouvons pas changer
Le courage de
changer les choses que nous pouvons
A nos parents qui ne nous comprennent plus.
mardi 20 janvier 2015
[L'ENIGME DU ZEBRE]
Roman : l'Adversaire
Chapitre 3 : l'énigme du Zebre
Auteur : Etali Yo
J’ai débuté mon cursus universitaire l’âme fleurie d’épopées estivales.
Quitter le vortex familial fut une experience inoubliable.
Je dévorais la vie, chaque instant était vécu avec la sensibilité d’un nouveau né.
Chambre universitaire, cite U, bibliothèque, nouvelle ville, plus grande, plus peuplée, plus de beaux garcons… d’hommes Noirs.
Oui … c’est la première chose à laquelle j’ai songé lorsqu’on m’a annoncé que j’étais prise dans cette faculté de medicine… Une ville multiculturelle , une capitale, sortir de mon trou et découvrir des Noirs. Ne plus les voir au travers des vitres de la voiture de mon père , determiné à m’en éloigner.
Quand je repense à cette époque, je vois tout le chemin parcouru. J’en ai bouffé du Noir.
Boulimie de poissons chats, orgie de pagne, billets d’avion pour la terre mere , sauce au wolof, coulis de lingala , Milk shake d'encens et de fufu , quand j’observe mon parcours , je realise à quel point je reviens de loin.
Médecine. Première année.
Les cours n’avaient pas encore débutés que mes oncles et leurs amis médecins s’étaient réunis autour de moi et m’avaient exprimés avec des regards emplis d’une gravité pesante, l’importance de la mission qui m’était attribuée: “tu dois nous revenir dans quelques années avec ce diplome, l’échec n’est pas une option”
Ils m’entouraient en un cercle angoissant.
Leur souffle dans mon dos et la lueur dans leurs yeux soutenaient mon esprit , comme un troupeau d’éléphant, c’est toute l’énergie de ma famille qui m’était transmise.
Après l’éternel discours de mon oncle sur la place de lhomme Noir dans le pays des Blancs, après l’éternel rappel du racisme qu’ils avaient subit, surmonté, combattu, l’un d’entre eux se dressa devant moi.
C’était le Tonton Américain.
Son regard perçant raisonna dans mes entrailles, il prit ma tête et la serra entre ses deux mains posées sur chacune de mes oreilles.
Il repeta : “ Akeza , tu dois nous revenir dans 7 ans avec ce diplôme, l’échec n’est pas une option”.
Le silence qui suivi me permit d’observer son regard cruel, attendant de moi la confirmation du programme.
Instinctivement, je glissais en expirant tout mon stress : “l’échec n’est pas une option”
Un étrange sourire vint écorcher son visage.
C’est des années plutard, lorsqu’il me ramasserait à la petite cuillière , que je prendrais connaissance du parcours de cet oncle americain.
En attendant, je vivais ce moment comme une étrangeté, et je ne comprenais pas le sérieux de cette reunion.
L’échec n’est pas une option. Etre Noir dans le pays des Blancs. Arracher sa place pour ne pas subir la folie des racistes. Etre assez riche pour être considéré comme des humains et non comme des bêtes.
Je m’y suis mise.
Il n’y avait ni boîte de nuit, ni de cours manqués, ni de grasse matinée.
Il n’ y avait que cette jeune fille de 18 ans, et le combat contre l’échec.
“ Évite les étudiants Noirs surtout les congolais, entoure toi de personnes fiables”
Problème… dans ceux qui étaient fiables, les machines de guerre qui se levaient à 5H du matin pour réviser, ceux qui après les cours allaient étudier jusqu’à 20H le cours vu Durant la journée… dans ceux qui m’entrainaient dans la lutte au 112 places sur 600 inscrits il y avait des Noirs et d’origine congolaise.
Sortant de ma campagne, j’ai vécu leur rencontre comme une renaissance.
Je les pensais “comme moi”.
Je pouvais parler de l’Eglise, ils n’allaient pas être choqués que j’y aille tous les dimanches, les mardi et parfois même les jeudi.
Je pouvais dire “ je n'ai jamais eu de copain” sans entendre “ tu es lesbienne?”
Je pouvais changer de coiffure sans susciter de tsunami autour de moi , ni meme de moquerie.
Je les pensais comme moi…. Européens mais amoureux transit du continent africain.
Bien que je ne savais rien de ce continent, par principe j’en étais fière, par principe j’avais envie de le visiter, et par principe j’comptais y travailler en tant que médecin.
D’où pouvait bien venir ces principes? Entre les phrases telles que “ évite les Noirs, ils ne sont pas fiables. Tu es trop intelligente et bien éduquée pour ne pas finir avec un Blanc”, comment cette conviction de fierté orgueilleuse avait elle pu se glisser?
La coupable était celle qui m’a porté. Elle et toute sa fraterie, toute sa lignée.
Du grand père à moi, il n’y avait eu aucune cassure.
Elle avait semé des graines , avait débattu avec son mari.
Je me souviens de cette discussion au salon, des années auparavant :
“ Ah Marceline , tu vois, les Hommes Blancs ont dompté le cheval, et ils en ont fait un outil formidable pour le développement de leur économie, mais regarde le Nègre, il n’a jamais songé à dompter le zebre”
J’avais vu ses yeux gonfler , prets à imploser… Je l’ai regardé. Qu’allait elle répondre?
“ Barthélemy, l’indocilité du zèbre est connue depuis des siècles, n’utilise pas ton ignorance pour nourrir ton mépris des africains. “
“ Le zèbre est indomptable ? c’est ça ton argumentaire? Oui quand nous les nègres n’arrivons à rien c’est toujours la faute de l’autre. “
Elle s’emporta. Tapa du pied, brandit sa Bible.
Il restait serein et paisible. Cette scène me frappa. Qu’importe qui détenait la vérité, j’observais que le plus calme avait une ascendance sur son adversaire. Si j’avais du l’importance de cet enseignement, je l’aurai intégré bien plus tôt dans mon mode de fonctionnement.
Cette soirée, je rentrais dans ma chambre universitaire affronter les 45 pages de chimie organique qui s’étaient incrustées sur mon bureau.
Ce fut ainsi Durant des semaines, des mois.
Déterminée, concentrée , il n’y avait aucune distraction, il n’existait qu’une unique ambition.
Faire partie des 112.
A coté de mes études, il m’arrivait néanmoins de dévier quelques heures, comme tous les autres. Ces moments j’allais faire les magasins , poser des tissages toujours trop longs, trop lisses, trop chers.
Et plus ils étaient longs et brillants, plus je me sentais refaite, embellie…parfaite.
Certains garçons jetaient des regard obliques sur moi, et avec une fausse retenue , je laissais quelques numéros de téléphone.
Je découvrais ce monde , moi la lesbienne de mon patelin, n’ayant jamais embrasser un seul mâle.
“La pucelle de la langue”. L’insulte préférée des villageoises blondes qui m’entouraient auparavant.
Mes copines du lycée m’envoyaient régulièrement des mails, au début… Puis doucement, on s’intégrait dans nos nouveaux systèmes, et je rencontrais de nouvelles folles, de nouvelles tarées avec qui planifier des sorties… quand les révisions devenaient trop pesantes.
Blanche , Elisa , Marie-France ( des congolaises et rwandaises… d’origine) , Arianne ( une metisse camerounaise) … Et tant d’autres hybrides afro nés et éduqués en France.

La cassure apparut lorsqu’un après midi d’hiver , nous cessions pour une fois de parler de médicine ou de mode.
Ce fut lors d’un tp de biologie, le professeur , un homme Noir, long, fin , grâcieux, le regard perçant, la voix apaisante… donnait cours pour la première fois.
Lorsqu’il commença à parler des propriétés biologiques de je ne sais plus quel organisme, Blanche pouffa de rire.
Elisa et Marie-France cachèrent leur visage , honteuses…
Arianne se retourna choquée du comportement de ses camarades.
J’entendis des bouts de phrases à peine perceptibles…
“oh la honte… l’accent de bledard qu’il a… purée trop la honte”.
J’observais Arianna, outrée.
A la sortie du cours, Arianna n’en pouvait plus, elle s’égosillait sur ses copines.
“ En fait , dans toute la pièce, y’a que vous qui riiez. Les Blancs calculaient meme pas son accent, là c’est vous les racistes! Le prof de chimie analytique, il a un accent de malade anglais, j’vous ai jamais entendu pouffer de rire”
Il s’en suivit beaucoup de bruit. Ce jour Ariane n’adressa plus la parole à ce groupe. Les délimitations se dessinaient.
Ce fut le début de la cassure.
Ces filles si appliquées en cours, si joyeuses, distinguées et toujours bien habillées, étaient tellement étranges.
Elles sortaient des punchlines inoubliables telles que “ jamais je ne sortirais avec un Noir, jveux dire, moi j’ai une certaine education, j’ai besoin de stabilité et de quelqu’un d’ambitieux, les congolais là? Je suis pas d’une classe sociale d’en bas.”
Et dans la partie du sexe opposé, à savoir les jeunes Noirs hybrides , étudiants en medicine…Le meme discours.
“ Jamais je ne sortirai avec une Noire, j’aurai l’impression de sortir avec ma mere. Et puis les femmes Noires voudront etre avec moi, parce que je suis médecin, elles sont matérialistes.”
Le volcan.
Je ne savais pas que ces mots torturaient mes plaques tectoniques, les percutaient entre elles, cherchant à faire jaillir les coulees de lave.
Je ne savais meme pas, que sommeillait en moi , autant de flammes.
Je ne savais pas que j’n’étais qu’une dynamite attendant l’étincelle pour que la mèche s’emballe.
J’avais quitté les reflexions rabaissantes et humiliantes de mes camarades Blancs, pour tomber sur ça…
Des Monstres à la peau foncée.
Des monstres de 18 ans, ignorants, et convaincus, que le Nègre africain fut trop bête pour dompter le zèbre.
L’année s’écoula. L’échec fut éradiqué.
Je faisais partie des 112.
J’ai pleuré. J’ai ris. J’ai sauté de joie.
Mes camarades aussi réussirent. Nous allions faire parti de l’élite. Des médecins.
Un soir d’été , avant d’entamer ma deuxième année de médicine, ayant l’esprit libre pour vaquer à d’autres questionnements, j’allais sur google , tenter de répondre à une énigme, celle du zèbre.
J’écrivis : “pourquoi l’africain n’a til pas dompté le zèbre “
Et sur les différentes propositions , une attira mon attention :
“la traite négrière , la falsification de l’histoire et le complexe de l’homme Noir”.
Il s’agissait d’un commentaire laissé sur un site traitant de l’histoire africaine.
J’ai cliqué. J’ai lu. Je n’ai pas cessé de lire Durant toute la nuit.
Je surfais de lien en lien et découvrais un monde inconnu qui semblait répondre à quelque chose… qui semblait parler à ma lave interne, la faire vibrer, la tordre, et la précipiter jusqu’à faire couler des larmes.
J’ai lu Durant des heures, des semaines… Jusqu’à trébucher sur la video d’un jeune homme au regard trouble.
Il s’appelait Kemi Seba et depuis ce jour, l'énigme du Nègre et du Zebre n'eut plus jamais le même sens.
J’avais 19 ans, et je ne savais pas les puanteries qui allaient parsemer mon chemin, les coups de putes, les guru, les menteurs, les tentations, les psychotiques, les assoiffés de pouvoir, les trahisons qui m'attendaient.
Mes propres erreurs, mes propres mensonges….
J'avais 19 ans, et il s'appelait Kemi Seba, j'avais 19 ans et n'avais jamais connu l'Afrique.
Auteur : Etali Yo
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© Le Nouvel Africain
Chapitre 3 : l'énigme du Zebre
Auteur : Etali Yo
J’ai débuté mon cursus universitaire l’âme fleurie d’épopées estivales.
Quitter le vortex familial fut une experience inoubliable.
Je dévorais la vie, chaque instant était vécu avec la sensibilité d’un nouveau né.
Chambre universitaire, cite U, bibliothèque, nouvelle ville, plus grande, plus peuplée, plus de beaux garcons… d’hommes Noirs.
Oui … c’est la première chose à laquelle j’ai songé lorsqu’on m’a annoncé que j’étais prise dans cette faculté de medicine… Une ville multiculturelle , une capitale, sortir de mon trou et découvrir des Noirs. Ne plus les voir au travers des vitres de la voiture de mon père , determiné à m’en éloigner.
Quand je repense à cette époque, je vois tout le chemin parcouru. J’en ai bouffé du Noir.
Boulimie de poissons chats, orgie de pagne, billets d’avion pour la terre mere , sauce au wolof, coulis de lingala , Milk shake d'encens et de fufu , quand j’observe mon parcours , je realise à quel point je reviens de loin.
Médecine. Première année.
Les cours n’avaient pas encore débutés que mes oncles et leurs amis médecins s’étaient réunis autour de moi et m’avaient exprimés avec des regards emplis d’une gravité pesante, l’importance de la mission qui m’était attribuée: “tu dois nous revenir dans quelques années avec ce diplome, l’échec n’est pas une option”
Ils m’entouraient en un cercle angoissant.
Leur souffle dans mon dos et la lueur dans leurs yeux soutenaient mon esprit , comme un troupeau d’éléphant, c’est toute l’énergie de ma famille qui m’était transmise.
Après l’éternel discours de mon oncle sur la place de lhomme Noir dans le pays des Blancs, après l’éternel rappel du racisme qu’ils avaient subit, surmonté, combattu, l’un d’entre eux se dressa devant moi.
C’était le Tonton Américain.
Son regard perçant raisonna dans mes entrailles, il prit ma tête et la serra entre ses deux mains posées sur chacune de mes oreilles.
Il repeta : “ Akeza , tu dois nous revenir dans 7 ans avec ce diplôme, l’échec n’est pas une option”.
Le silence qui suivi me permit d’observer son regard cruel, attendant de moi la confirmation du programme.
Instinctivement, je glissais en expirant tout mon stress : “l’échec n’est pas une option”
Un étrange sourire vint écorcher son visage.
C’est des années plutard, lorsqu’il me ramasserait à la petite cuillière , que je prendrais connaissance du parcours de cet oncle americain.
En attendant, je vivais ce moment comme une étrangeté, et je ne comprenais pas le sérieux de cette reunion.
L’échec n’est pas une option. Etre Noir dans le pays des Blancs. Arracher sa place pour ne pas subir la folie des racistes. Etre assez riche pour être considéré comme des humains et non comme des bêtes.
Je m’y suis mise.
Il n’y avait ni boîte de nuit, ni de cours manqués, ni de grasse matinée.
Il n’ y avait que cette jeune fille de 18 ans, et le combat contre l’échec.
“ Évite les étudiants Noirs surtout les congolais, entoure toi de personnes fiables”
Problème… dans ceux qui étaient fiables, les machines de guerre qui se levaient à 5H du matin pour réviser, ceux qui après les cours allaient étudier jusqu’à 20H le cours vu Durant la journée… dans ceux qui m’entrainaient dans la lutte au 112 places sur 600 inscrits il y avait des Noirs et d’origine congolaise.
Sortant de ma campagne, j’ai vécu leur rencontre comme une renaissance.
Je les pensais “comme moi”.
Je pouvais parler de l’Eglise, ils n’allaient pas être choqués que j’y aille tous les dimanches, les mardi et parfois même les jeudi.
Je pouvais dire “ je n'ai jamais eu de copain” sans entendre “ tu es lesbienne?”
Je pouvais changer de coiffure sans susciter de tsunami autour de moi , ni meme de moquerie.
Je les pensais comme moi…. Européens mais amoureux transit du continent africain.
Bien que je ne savais rien de ce continent, par principe j’en étais fière, par principe j’avais envie de le visiter, et par principe j’comptais y travailler en tant que médecin.
D’où pouvait bien venir ces principes? Entre les phrases telles que “ évite les Noirs, ils ne sont pas fiables. Tu es trop intelligente et bien éduquée pour ne pas finir avec un Blanc”, comment cette conviction de fierté orgueilleuse avait elle pu se glisser?
La coupable était celle qui m’a porté. Elle et toute sa fraterie, toute sa lignée.
Du grand père à moi, il n’y avait eu aucune cassure.
Elle avait semé des graines , avait débattu avec son mari.
Je me souviens de cette discussion au salon, des années auparavant :
“ Ah Marceline , tu vois, les Hommes Blancs ont dompté le cheval, et ils en ont fait un outil formidable pour le développement de leur économie, mais regarde le Nègre, il n’a jamais songé à dompter le zebre”
J’avais vu ses yeux gonfler , prets à imploser… Je l’ai regardé. Qu’allait elle répondre?
“ Barthélemy, l’indocilité du zèbre est connue depuis des siècles, n’utilise pas ton ignorance pour nourrir ton mépris des africains. “
“ Le zèbre est indomptable ? c’est ça ton argumentaire? Oui quand nous les nègres n’arrivons à rien c’est toujours la faute de l’autre. “
Elle s’emporta. Tapa du pied, brandit sa Bible.
Il restait serein et paisible. Cette scène me frappa. Qu’importe qui détenait la vérité, j’observais que le plus calme avait une ascendance sur son adversaire. Si j’avais du l’importance de cet enseignement, je l’aurai intégré bien plus tôt dans mon mode de fonctionnement.
Cette soirée, je rentrais dans ma chambre universitaire affronter les 45 pages de chimie organique qui s’étaient incrustées sur mon bureau.
Ce fut ainsi Durant des semaines, des mois.
Déterminée, concentrée , il n’y avait aucune distraction, il n’existait qu’une unique ambition.
Faire partie des 112.
A coté de mes études, il m’arrivait néanmoins de dévier quelques heures, comme tous les autres. Ces moments j’allais faire les magasins , poser des tissages toujours trop longs, trop lisses, trop chers.
Et plus ils étaient longs et brillants, plus je me sentais refaite, embellie…parfaite.
Certains garçons jetaient des regard obliques sur moi, et avec une fausse retenue , je laissais quelques numéros de téléphone.
Je découvrais ce monde , moi la lesbienne de mon patelin, n’ayant jamais embrasser un seul mâle.
“La pucelle de la langue”. L’insulte préférée des villageoises blondes qui m’entouraient auparavant.
Mes copines du lycée m’envoyaient régulièrement des mails, au début… Puis doucement, on s’intégrait dans nos nouveaux systèmes, et je rencontrais de nouvelles folles, de nouvelles tarées avec qui planifier des sorties… quand les révisions devenaient trop pesantes.
Blanche , Elisa , Marie-France ( des congolaises et rwandaises… d’origine) , Arianne ( une metisse camerounaise) … Et tant d’autres hybrides afro nés et éduqués en France.

La cassure apparut lorsqu’un après midi d’hiver , nous cessions pour une fois de parler de médicine ou de mode.
Ce fut lors d’un tp de biologie, le professeur , un homme Noir, long, fin , grâcieux, le regard perçant, la voix apaisante… donnait cours pour la première fois.
Lorsqu’il commença à parler des propriétés biologiques de je ne sais plus quel organisme, Blanche pouffa de rire.
Elisa et Marie-France cachèrent leur visage , honteuses…
Arianne se retourna choquée du comportement de ses camarades.
J’entendis des bouts de phrases à peine perceptibles…
“oh la honte… l’accent de bledard qu’il a… purée trop la honte”.
J’observais Arianna, outrée.
A la sortie du cours, Arianna n’en pouvait plus, elle s’égosillait sur ses copines.
“ En fait , dans toute la pièce, y’a que vous qui riiez. Les Blancs calculaient meme pas son accent, là c’est vous les racistes! Le prof de chimie analytique, il a un accent de malade anglais, j’vous ai jamais entendu pouffer de rire”
Il s’en suivit beaucoup de bruit. Ce jour Ariane n’adressa plus la parole à ce groupe. Les délimitations se dessinaient.
Ce fut le début de la cassure.
Ces filles si appliquées en cours, si joyeuses, distinguées et toujours bien habillées, étaient tellement étranges.
Elles sortaient des punchlines inoubliables telles que “ jamais je ne sortirais avec un Noir, jveux dire, moi j’ai une certaine education, j’ai besoin de stabilité et de quelqu’un d’ambitieux, les congolais là? Je suis pas d’une classe sociale d’en bas.”
Et dans la partie du sexe opposé, à savoir les jeunes Noirs hybrides , étudiants en medicine…Le meme discours.
“ Jamais je ne sortirai avec une Noire, j’aurai l’impression de sortir avec ma mere. Et puis les femmes Noires voudront etre avec moi, parce que je suis médecin, elles sont matérialistes.”
Le volcan.
Je ne savais pas que ces mots torturaient mes plaques tectoniques, les percutaient entre elles, cherchant à faire jaillir les coulees de lave.
Je ne savais meme pas, que sommeillait en moi , autant de flammes.
Je ne savais pas que j’n’étais qu’une dynamite attendant l’étincelle pour que la mèche s’emballe.
J’avais quitté les reflexions rabaissantes et humiliantes de mes camarades Blancs, pour tomber sur ça…
Des Monstres à la peau foncée.
Des monstres de 18 ans, ignorants, et convaincus, que le Nègre africain fut trop bête pour dompter le zèbre.
L’année s’écoula. L’échec fut éradiqué.
Je faisais partie des 112.
J’ai pleuré. J’ai ris. J’ai sauté de joie.
Mes camarades aussi réussirent. Nous allions faire parti de l’élite. Des médecins.
Un soir d’été , avant d’entamer ma deuxième année de médicine, ayant l’esprit libre pour vaquer à d’autres questionnements, j’allais sur google , tenter de répondre à une énigme, celle du zèbre.
J’écrivis : “pourquoi l’africain n’a til pas dompté le zèbre “
Et sur les différentes propositions , une attira mon attention :
“la traite négrière , la falsification de l’histoire et le complexe de l’homme Noir”.
Il s’agissait d’un commentaire laissé sur un site traitant de l’histoire africaine.
J’ai cliqué. J’ai lu. Je n’ai pas cessé de lire Durant toute la nuit.
Je surfais de lien en lien et découvrais un monde inconnu qui semblait répondre à quelque chose… qui semblait parler à ma lave interne, la faire vibrer, la tordre, et la précipiter jusqu’à faire couler des larmes.
J’ai lu Durant des heures, des semaines… Jusqu’à trébucher sur la video d’un jeune homme au regard trouble.
Il s’appelait Kemi Seba et depuis ce jour, l'énigme du Nègre et du Zebre n'eut plus jamais le même sens.
J’avais 19 ans, et je ne savais pas les puanteries qui allaient parsemer mon chemin, les coups de putes, les guru, les menteurs, les tentations, les psychotiques, les assoiffés de pouvoir, les trahisons qui m'attendaient.
Mes propres erreurs, mes propres mensonges….
J'avais 19 ans, et il s'appelait Kemi Seba, j'avais 19 ans et n'avais jamais connu l'Afrique.
Auteur : Etali Yo
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